Les Bienveillantes.

24 01 2007

“I have not come into this world to make men better, but to make use of their weaknesses.” Adolf Hitler.

Bon d’accord, je l’avoue: ce n’est pas très original : j’ai lu le dernier prix Goncourt “les bienveillantes” de Jonathan Littell et je n’ai pas été déçu. Il est tout simplement passionnant. Aucune pornographie mémorielle dans ce roman historique ultra documenté qui conte la vie d’un jeune officier nazi et décrit d’une manière très réaliste et crue les rouages de l’horreur. Vivant à Berlin, j’ai particulièrement apprécié les passages ayant lieu dans la capitale du III Reich et décrivant la vie quotidienne sous les bombes alliées. C’est un point de vue qu’on a peu l’habitude de voir en littérature et au cinéma (à part peut être « le Bateau » de Wolfgang Petersen et plus récemment « La Chute » de Oliver Hirschbiegel) : le point de vue de l’ennemie, c’est-à-dire le teuton fanatisé.

Le livre est long (900 pages) mais la longueur est nécessaire. L’histoire commence au début de la 2nd guerre mondial et se poursuit jusqu’en 1945. Le personnage principal, Maximilien Aue, est un national-socialiste convaincu qui servira le Reich sur le front de l’est en Ukraine et à Stalingrad puis à Berlin et dans différents camps de concentration. L’homme est complexe, a un passé familiale difficile (père disparu, détestant sa mère et amoureux de sa sœur jumelle) et a beaucoup de contradiction en lui. C’est un intellectuel, sorte de dandy nazi cultivé parlant le français, le grec et le latin et, point important, est homosexuel ce qui était particulièrement dangereux dans l’Allemagne de l’époque car contraire à l’idéologie nazie.

L’auteur est de nationalité américaine, d’origine juive, et a écrit le livre en français (il a passé une partie de sa scolarité en France (respect tout de même!)) C’est son deuxième livre (il avait déjà écrit un livre de science-fiction en anglais) Son expérience dans l’humanitaire (Serbie, Tchétchénie, Congo) ou il a été témoin de massacres et a côtoyé les bourreaux lui donne une certaine légitimité pour parler de ce propos délicat.

Je suis assez curieux de voir comment l’Allemagne accueillera ce livre si controversé et dérangeant.

Extrait :«En fait, j’aurais tout aussi bien pu ne pas écrire. Après tout, ce n’est pas une obligation. Depuis la guerre, je suis resté un homme discret ; grâce à Dieu, je n’ai jamais eu besoin, comme certains de mes anciens collègues, d’écrire mes Mémoires à fin de justification, car je n’ai rien à justifier, ni dans un but lucratif, car je gagne assez bien ma vie comme ça. Je ne regrette rien : j’ai fait mon travail, voilà tout ; quant à mes histoires de famille, que je raconterai peut-être aussi, elles ne concernent que moi ; et pour le reste, vers la fin, j’ai sans doute forcé la limite, mais là je n’étais plus tout à fait moi-même, je vacillais, le monde entier basculait, je ne fus pas le seul à perdre la tête, reconnaissez-le. Malgré mes travers, et ils ont été nombreux, je suis resté de ceux qui pensent que les seules choses indispensables à la vie humaine sont l’air, le manger, le boire et l’excrétion, et la recherche de la vérité. Le reste est facultatif. »

Pour lire l’article du Figaro littéraire: l-apocalypse-selon-johnathan.doc

Pour écouter une des rares interviews radiophonique de Littell: ici

 





Napoléon par Stanley Kubrick.

29 10 2006

young napoleon

Kubrick a travaillé des années sur ce projet mais a fini par jeter l’éponge pour cause de problèmes de production. Jack Nicholson aurait du jouer le rôle de Napoléon Bonaparte. Dommage. Voici le scénario (en anglais) comme lot de consolation. Il n’y a plus qu’à espérer que Spielberg n’ai jamais la bonne idée de reprendre le projet.

Pour télécharger le script, cliquez ici.